C’est une performance avec des magnétophones à bandes.
L’espace consiste en une mise en relation de plusieurs magnétophones entre eux par le fait qu’une même bande, sur laquelle est enregistrée en direct un ensemble de sons, passe successivement par ceux-ci.
C’est voir, à travers une bande magnétique, le temps qui se déplace dans l’espace.
C’est chercher à faire sonner un lieu.
C’est rendre audible le temps à la fois comme une succession, et à la fois comme une accumulation.
C’est verser dans cette installation tout un tas de sons, qui s’accordent entre eux au fur et à mesure d’une altération.
C’est inventer un langage sonore qui finit par se construire de façon plus ou moins autonome, plus ou mois hasardeuse.
C’est faire du son avec des moyens très artisanaux, fragiles, complexes, mais visibles.
C’est voir le corps circuler au milieu de l’installation, pour la faire sonner, la moduler, l’organiser.
C’est, en retour, un corps qui s’appuie sur un espace, sur des objets techniques, sur une musicalité qui s’échafaude, pour élaborer une présence, des danses, des manières de jouer.
L’installation en tant que telle est une sorte d’instrument : la situation de la performance est d’en jouer.
L’enjeu se situe dans l’écoute du dispositif, dans son activation, son incertitude, sa simplicité qui n’est pourtant pas évidente à appréhender.
Pavillon Mâchoire rend manifeste des modes de fabrication, de relation et d’attention qui parcourent mon travail : la construction par la réitération, par le recommencement. L’accumulation. La décomposition par le temps. Le corps engagé au sein d’un espace sonore.
DOSSIER DE CRÉATION